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Thomas Tilly: prise de son et création
Damien Davy et Agnès Clerc Renaud: conseil scientifique et entretiens
Troisième volet volet de la série, mené avec les habitants du village Favard, autour de l'histoire du peuple de Palikur et de sa relation au milieu.
Contexte socio-géographique
Le village Favard ou Wayam (tortue-terre en langue palikur), situé sur la commune de Roura,
a été créé en 1977 par une famille amérindienne, les Edouard (parents et enfants), venant
du bas-Oyapock, du village Petit Toucouchy sur la Ouanary. Arrivés sur l’Oyack et ses affluents
dans les années 1950, les premiers villages ont été implantés en amont du village actuel.
Depuis maintenant près de 50 ans, ce village s’est inscrit dans le paysage de la commune de
Roura, et est aujourd’hui habité par environ 200 personnes. En 1995, ce village a obtenu une
première concession collective de 269 ha au bénéfice de l’association Walyku, venant
compléter une parcelle cédée gracieusement par l’Evêché de Guyane, parcelles où se situe le
village. Puis la même année, ses habitants obtinrent une ZDUC d’une superficie de 12 415
ha située plus en amont du fleuve où se pratique l’abattis, la chasse et la pêche mais
également des activités d’écotourisme grâce à la dynamique association Walyku (Davy et
Filoche, 2014). Soucieux de garantir leurs pratiques liées à la nature et à développer des
projets écotouristiques, le chef du village Zacharia Lucas a obtenu en 2020 une extension de
4000 ha de la ZDUC. Une autre demande est en cours afin de demander la cession gratuite
de leur concession.
À propops de Milieu(X)
Imaginé en 2021 par l'artiste sonore Thomas Tilly et l'ethnobotaniste Marc-Alexandre Tareau, Milieu(X) est un projet au long-cours abordant les relations entretenues par les peuples de Guyane à leur territoire.
Chaque occurrence du projet explore les singularités d'un groupe culturel par le prisme des relations d'interdépendance entretenues avec les entités (lieux, animaux, plantes, esprits) peuplant les milieux. Exclusivement sonores – et faisant, en ce sens, écho au principal mode de transmission des savoirs Amazoniens –, les pièces constituant la collection sont toutes guidées par des sachant(e)s d'une communauté, en collaboration avec un(e) anthropologue référent, déjà impliqué avec cette communauté. D'abord à destination de la Guyane, le projet Milieu(X) est pensé comme un corpus d'oeuvres aux finalités multiples. Concerts et débats publics, conservation du patrimoine immatériel, outils à la disposition des plus jeunes, chaque volet de la série est envisagé comme un objet « au service de », situé au carrefour des interprétations et des modes de représentation des mondes.